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Au commencement de la révolution de 1790 qui bouleversa la France, il fut ordonné que chaque commune ait un officier municipal et des conseillers. Le premier Maire de Beaulieu, du moins de fait, fut Monsieur DUCHESNAY. Il demeurait à la ferme de Launay en qualité de gérant de biens de Monsieur d'AUBERT. Il était venu de Courbeveille encore enfant, avec son père d'origine de Normandie.
C'était un homme fort et vigoureux, ayant une voix forte il était craint et détesté des pères des jeunes gens qui partaient pour l'armée, sous l'empire, parce qu'ils croyaient, mais faussement, que Monsieur DUCHESNAY aurait pu en exempter un grand nombre. Il pouvait aussi par ses imprudences occasionner leur mécontentement.
Ce Monsieur DUCHESNAY malgré son ton et ses manières qui faisaient voir qu'il était content de remplir la place qu'il occupait, était cependant un excellent homme. Il rendit pendant les jours de la terreur de 1792 à 1800, des services très considérables au clergé. Il cachait quelquefois chez lui jusqu'à trois prêtres à la fois, il leur répondait la messe et vivait avec eux comme un frère avec un frère. Il n'était pas aimé des royalistes parce qu'ils le regardaient comme un homme attaché aux différents gouvernements usurpateurs et il ne plaisait pas aux républicains parce qu'ils le trouvaient trop modéré. Il sut cependant, dans ce temps difficile, se concilier l'estime des gens de biens.
Il n'avait pas de fortune dans le commencement. Maître tisserand, son commerce brillant dans ce temps lui procura de l'argent. De plus, facteur de Monsieur d'Aubert, il en gagna et puis lors de la vente des biens du clergé il acheta pour peu de choses la métairie de la Matière, dont son père était fermier auparavant et qui appartenait à une communauté de moines de Laval.
A sa mort arrivée en 1839, ayant plus de 80 ans et aveugle, demeurant au bourg, il jouissait d'une fortune de plus de dix huit cent francs de rente. L'un de ses frères, célibataire comme lui et décédé quelques années auparavant lui avait fait donation de sa fortune.
En 1814, à la rentrée des Bourbons, Monsieur DUCHESNAY cessa d'être maire et Monsieur de BEAULIEU occupa la place jusqu'à sa mort arrivée en 1828 à l'âge de soixante et quelques années.
Depuis la loi de 1831 sur les municipalités, le Maire est choisi par les conseillers municipaux qui sont élus par les habitants. Ces derniers montrent bien peu de zèle pour se rendre aux élections Quinze à dix huit, voilà leur nombre. A la 1ère nomination ils étaient douze ou treize et il y eut un électeur qui eut autant de voix que d'électeurs, lui compris. Il protestait cependant de ne vouloir être en rien dans la municipalité et surtout comme maire.
L'abbé Dellière
Curé de la paroisse d'environ 1827 à 1840
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